Valérie Boyer menacée de mort

Personne ne connaissait son nom la semaine dernière et pourtant aujourd’hui la députée de droite fait l’objet de toutes les attentions : Valérie Boyer, c’est celle qui, la semaine, dernière,...

Personne ne connaissait son nom la semaine dernière et pourtant aujourd’hui la députée de droite fait l’objet de toutes les attentions : Valérie Boyer, c’est celle qui, la semaine, dernière, sous impulsion de l’Elysée, a déposé la proposition de loi pénalisant la négation de tout génocide. Or, depuis hier, la députée est menacée de mort et de viol par des extrémistes turcs, peu ravis par cette initiative parlementaire.

On a beaucoup polémiqué ces derniers jours sur les objectifs cachés de cette proposition de loi, que beaucoup ont qualifié de manoeuvre électorale purement destinée à plaire à la communauté arménienne forte de près de 500 000 électeurs, et à qui à la fois François Hollande et Nicolas Sarkozy ont promis une loi allant dans ce sens. Ces deux-là n’imaginaient sans doute pas les répercussions que cela aurait.

Gel de la coopération militaire entre les deux pays, menace de sanctions économiques, dissolution du groupe d’amitié franco-turque à l’Assemblée Nationale, départ de l’ambassadeur Turc à Paris ou encore menace du Premier Ministre turc qui n’hésite pas non plus à parler de « génocide » en Algérie, dans les années 1950 de la part des français, on assiste véritablement à un gel des relations entre les deux pays, alors que notre ministre des affaires étrangères Alain Juppé fait tout ce qu’il peut pour réconcilier les deux nations. Pour autant Nicolas Sarkozy se contente de demander à la Turquie de respecter les convictions de chacun, nonobstant sa promesse faite aux dirigeants turcs il y a quelques années de ne pas adopter une loi concernant le génocide arménien.

Quant à la députée de droite, qui n’a certes pas eu cette idée toute seule, elle voit aujourd’hui sa famille et ses enfants menacés, a porté plainte aujourd’hui à Marseille mais a aussi été placée sous protection policière. Si la proposition de loi en elle-même divisait la classe politique, les manifestations de soutien envers l’élue n’ont pourtant pas manqué, notamment sur Twitter de la part de Manuel Valls.

Et ce n’est pas seulement la députée qui est menacée. Si le site internet de cette dernière a été piratée par des hackers turcs, ce sont tous les sites internet des députés français ayant approuvé cette loi qui sont menacés par une telle initiative. Concernant le site de la principale intéressée, on trouve désormais sur ce dernier le drapeau turc, avec inscrit dans les deux langues les phrases suivantes « vous, la diaspora arménienne, êtes de tels lâches que vous n’avez pas le cran d’ouvrir les archives arméniennes et de faire face à la vérité », « on ne peut pas parler de génocide arménien ».

Cette affaire montre bel à quel point la question du génocide arménien est délicate, et ce pour tout le monde. Si la France n’est évidemment pas en reste grâce à la « brillante initiative » pas du tout électoraliste de Nicolas Sarkozy, Barack Obama lui aussi a du mal à gérer la question. Si cette année il a choisi de commémorer le 96e anniversaire du massacre des arméniens, il refuse encore d’utiliser le mot « génocide », comme beaucoup d’autres membres de la communauté internationale, notamment étant donné le poids économique et commercial de la Turquie. Une chose est donc sûre, l »UMP en décidant de s’attaquer à la question du génocide arménien a mis le pied dans un nid de guèpe qui pourrait ressortir en pleine campagne électorale, au désavantage de certains. 

EliDy