Royal réaffirme ses ambitions

Cette histoire fait le buzz depuis plusieurs semaines : après avoir perdu en beauté la primaire socialiste, l’ancienne candidate à la présidence Ségolène Royal a décidé de passer outre son...

Cette histoire fait le buzz depuis plusieurs semaines : après avoir perdu en beauté la primaire socialiste, l’ancienne candidate à la présidence Ségolène Royal a décidé de passer outre son principe de non-cumul des mandats pour se présenter à l’élection législative l’année prochaine, à la Rochelle, avec comme simple ambition de devenir présidente de l’Assemblée Nationale. Le problème : dans la circonscription qu’elle vise, un autre responsable socialiste, Olivier Falorni était déjà en lice pour le siège de député, et le duel suscite une fronde dans la fédération locale.

Passant outre les protestations des militants locaux et des responsables socialistes, le Bureau National a décidé de ne pas organiser de primaire pour départager les prétendants, comme cela a pu être le cas dans d’autres circonscriptions, et d’imposer la candidature de son ancienne championne. Ce qui ne va pas sans susciter de vives réactions et des protestations indignées de ce procédé pour le moins orthodoxe.

La présidente du Poitou-Charentes revient donc dans cet épisode, dans la presse cette semaine, pour réaffirmer ses ambitions et la légitimité de ce genre de démarche politique. C’est ce que nous explique d’ailleurs un très bon article dans Le Monde publié hier. D’abord, à se souvenir que les deux duellistes entre les deux tours de la primaire avaient apparemment promis le poste de présidente d’Assemblée à Ségolène Royal, dans l’optique de lui trouver un rôle suffisamment prestigieux pour la garder au calme. Et quand François Hollande gagna, il espéra que cette histoire se réglerait très rapidement, sans créer de vagues. Peine perdue bien évidemment, pourtant, tous les ténors socialistes sont étonnamment derrière lui dans cette démarche, tous désirant sans doute caser l’ancienne candidate quelque part pour qu’elle les laisse tranquille car, malgré son échec calamiteux de la primaire, on ne sait jamais vraiment ce que l’ancienne ministre peut réserver.

Devant la fronde, certains auraient cependant pu reculer, afin de ne pas ternir leur candidature et ne pas l’entacher de soupçon de népotisme. Mais pas Ségolène Royal qui n’a décidément peur de rien, ne cache pas vouloir être élue dès le premier tour et rétorque que, son cas étant exceptionnel, le Bureau National avait eu bien raison de la balancer à la Rochelle sans consultation citoyenne. Expliquant que  »autorité morale, lieu d’arbitrage, de médiation, visibilité globale sur les sensibilités politiques des groupes, rôle éminent dans le fonctionnement démocratique des institutions… », la fonction lui plait énormément, elle avoue aimer l’idée de devenir la première femme présidente d’une des assemblées de la Cinquième République. Au mépris de ses principes les plus fondamentaux visiblement.

EliDy